Les gens changent

2005 janvier 20
by Chulie

Deux trucs à faire pour s’en rendre compte :

1/ Regarder à la suite, ou à moins de 24h d’intervale Le déclin de l’empire américain et Les invasions barbares. Le premier fait hurler de rire, et le second, sangloter à gros bouillons (mais peut être que c’est parce que j’ai bu deux verres de fitou). Les middle trentenaires du premier opus sont fringuants, hyper sexués, admirablement cyniques et délicieusement méprisants envers tout ce qui n’appartiens pas à l’intelligensia universitaire. Les même sexagénaires du second sont grasouillets, grisonnants, désabusés, ils ont fermé depuis longtemps leurs chakras hyperorgastiques, leurs enfants les rendent malheureux, et ils cherchent déséspérement un peu d’affection. Vous allez me dire oui mais c’est l’âge. Oui mais y’a pas que ça. Plus on vieillit, plus on s’attache à la vie, c’est pas moi qui le dis, c’est Denys Arcand.

Je crois qu’on vieillit à partir du moment où on ne fait plus aucun projet. Hier soir en m’endormant, j’ai pensé à ma grand mère, qui avait pris un gros coup de vieux depuis 6 mois. D’accord, elle est malade, elle a été récemment opérée du sein, mais y’a pas que ça. Y’a autre chose. Je crois juste qu’elle attend l’heure de sa mort, jour après jour. Elle ne fait plus de projet.
Et alors je me suis demandée ce que je pourrais faire, à mon niveau, pour qu’elle ait à nouveau une raison de vivre. A part me marier ou faire un enfant, je ne vois pas trop. Et ce n’est pas dans mes préoccupations immédiates.

2/ Passer la soirée seule

Et me souvenir que, il y a deux ans, cette simple perspective me remplissait de terreur et me déprimait. Je ne pouvais pas me coucher avant qu’il rentre, ou bien alors, je mettai le téléphone sur mon oreiller, et je passais une soirée horrible, à l’imaginer mort dans de la tolle froissée, ou bien en train d’avoir accointance avec je ne sais quelle grognasse.
Maintenant, j’envisage ça d’un air guilleret, je me prépare un plateau repas plein de douceurs, je prends un bain, je me fais belle pour moi même, je m’enroule avec bonheur dans un plaid, je me mets un film, et je plâne. Bien sur je peux faire tout ça quand le Ver de Couette est là. Mais alors, il veut participer :D Et c’est lui qui choisit le film :D et je ne peux même pas jouer au tétris pendant le film, juste en écoutant les dialogues.
Hier soir, j’ai franchis une étape supplémentaire dans cette solitude exceptionnelle. Sans doute est ce l’effet du film, mais je me suis imaginée (attention, seulement imaginée, hein) que le ver de Couette, ce soir, n’était pas du tout en train de préparer son exposé de ses cours du CNAM avec son binôme à pétaouscheim-sur-moder, mais qu’en fait, il était chez une appareilleuse, en train de s’affourcher entre ses cuisses sur le divan. Peut être même qu’après, elle aurait appellé pizza hut.

Et ça ne m’a pas fait grand chose. J’ai même rigolé toute seule (des pizzas ! Mais elle ne sait donc pas qu’il fait une petit gastro en ce moment ? Quelle inconscience ! J’espère au moins qu’elle n’a pas mis le coca au frais. Il va avoir la courante après.) en imaginant mon Ver de Couette en pleine brouette espagnole.

Je suis cruche et conne :D Si ça se trouve, c’est vrai. holala. J’espère juste qu’il ne dit pas de mal de moi à Numéro 2.

Jeunes couples qui s’installent, si vous lisez ceci, oubliez ça. Restez dans votre conjugalité naissante :) Aroutinez vous doucement Ca fait du bien. C’est comme manger une tartiflette sans penser aux kilos. J’étais pompette hier soir. C’est tout de la faute au Fitoux.

Rien à voir Alain Juppé est super expansif aujourd’hui. Il a poussé l’excitation provoquée par l’augmentation exponentielle de la population de Bordeaux jusqu’à pousser un Youpee sur son blog. Il m’attendrit, cet homme :D

3 Responses
  1. 2005 janvier 20
    Nitzi permalink

    Le fitou, quel est donc ce breuvage magique qui donne aux jeunes filles esseulées de si profondes et mystérieuses pensées?
    Je suis donc allée sur le site : http://www.cru-fitou.com/exindexfr.html
    et ai découvert qu’il y a avait quelque part en France une région qui se nomme la Fitounie, sorte de royaume viticole où il fait bon vivre et où les gars et les filles sont heureux, mais aussi que ce vin, lorsque nous en buvons, a le pouvoir de nous emmener dans la garrigue fitoune, “sous le soleil exactement” où nous pouvons lui rendre hommage et festoyer en compagnie de la Mesnie, confrérie bachique des preux chevaliers du fitou (dont faisait partie Claude Nougaro, chapeau bas!)
    Voilà qui devrait expliquer le contenu de ton paragraphe 2) Passer la soirée seule et le fait que tout cela t’ait fait rire toute seule. De toutes façons, je ne peux pas imaginer qu’on dise du mal de toi et encore moins à une improbable et moche n°2.
    Quant à ton paragraphe 1), je suis assez d’accord avec toi . Je suppose qu’on devient vieux quand on devient las et qu’on n’a effectivement plus ni grand espoir, ni bonheur auquel se raccrocher et qu’on a perdu ses illusions. J’ai également songé à l’option du mariage et du bébé pour redonner un peu de vie et de joie à mes grands-parents qui, en plus, ne seront pas éternels mais la motivation ne me semble pas être la bonne. En attendant, j’essaie d’être le plus possible présente à leurs côtés, de trouver des trucs rigolos à leur raconter et d’être heureuse car je sais que ça leur fait plaisir!
    Faute au fitou ou pas, j’en achèterai ce week-end pour me lancer dans cette expérience initiatique.
    A plus.

  2. 2005 janvier 20
    AlmondFlower permalink

    Ouais moi aussi, au bout de bientôt 5 ans, il avait plus du tout de possessivité envers moi quand je rentre seule sur Paris.

    Mais juste avant le WE dernier, de me savoir à Barcelone sans lui, et avec tout plein de jeunes espagnols de sortie, ça l’a rendu tout jaloux, et moi j’adore quand il fait sa petite crise, comme ça il me monte qu’il tient encore très très fort à moi.

    Et c’est comment la brouette espagnole ?

  3. 2005 janvier 20

    Merci Nitzi pour ce lien précieux. Je savais déjà, en m’enfilant des verres de Fitou, que la Fitounie était un pays merveilleux. Et puis je me suis souvenue que j’y avais passé des vacances. Je me rapelle vaguement de méduse et de gros orages qui avaient inondé le camping. C’est sans doute que je n’étais pas en âge de boire du vin.

    Je pense que la prochaine fois que je verrai ma grand mère, je lui servirai un verre de fitou, et on parlera chiffons.

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