Lundimusique et l’actualité

(Esprit de l’escalier)

Ce matin, perchée pomponnée, et prête pour une nouvelle semaine, en sirotant mon thé trop chaud que je bois comme un pensum le matin par soucis d’hydratation au regard de la nuit passée sans boire et du certes petit trajet à vélo qui m’attend mais qui me fait quand même transpirer, je pensais au soleil.

Mon appartement ne capte guère la lumière qu’entre son lever et le déjeuner, 5 jours sur 7 je ne suis donc pas là pour en profiter, le samedi je sors au marché, le dimanche, je dors tard, ou bien je suis dans ma résidence secondaire parisienne, où le soleil brille surtout quand il fait gris (violons).

Je pensais au soleil et je me disais que ça serait bien, un jour, de pouvoir passer une matinée à travailler ici, chez moi, dans les lueurs dorées et blanches. Il me semble que je serais plus efficace, plus concentrée, plus prompte à ouvrir mes journaux, et à faire le tour de mes actualités.

Il est presque midi et ce matin, je n’ai encore ouvert aucun journal, je n’ai pas mis la radio, je n’ai pas lu les tweets, je ne sais pas ce qu’il se passe dans le monde, j’ai lu une remarque homophobe de Valérie Pécresse, et de consternation, j’ai cliqué par erreur sur "fermer la session."

Il était question de "démarier" les homosexuels si la loi passait. Et si ils ont des enfants, est ce qu’on les "déparentalise" ? Que dire d’autre là dessus que foutaises et grosse conne.

Pour en venir au morceau, The Rake, le héros, s’est déparentalisé en tuant tous ses enfants. Je serais bien honteuse d’avouer que c’est courageux, et que ça me réjouis.

"What can one do when one is widower
Shamefully saddled with three little pests
All that I wanted was the freedom of a new life
So my burden I began to divest
Alright, alright, alright
Alright, alright, alright

Charlotte I buried after feeding her foxglove
Dawn was easy, she was drowned in the bath
Isaiah fought but was easily bested
Burned his body for incurring my wrath
Alright, alright, alright

And that’s how I came your humble narrator
To be living so easy and free
Expect you think that I should be haunted
But it never really bothers me"


Alors, c’était bien ?

Je suis tombée sur cette série sur "le mariage, cette galère" publiée sur le très bon blog "Les Vingtenaires".

Les articles sur le banquet de noces, la demande en mariage, l’annonce aux parents, la liste des invités, etc. n’ont fait que confirmer ce que je pense depuis 5 mois : on n’a rien fait comme "il faut".

Pourtant, c’est un fait, c’était une très belle journée, réussie, sans accroc, avec des invités et des mariés joyeux.

Petit démontage des idées reçues.

Il faut : C’est l’homme qui fait sa demande. Déjà, je sens que l’année prochaine, ce "il faut" va tomber raide mort comme le slip de Christine Boutin, parce qu’il va y avoir un certain nombre de femmes qui vont demander en mariage leur charmante.

On a fait comme ça : Je lui ai envoyé un message privé sur Twitter "Tiens, on n’a qu’à se marier !" Il a dit oui.

Bon, on a mit environ trois semaines à sortir du mode "OH MAIS OUI C’EST DRÔLE C’EST PUNK ON SE CONNAIT DEPUIS 4 MOIS MARIONS NOUS  et à se poser des questions genre "Mais pourquoi donc ? Mais que vont dire les gens ? Mais tu es sûre que tu ne préfère pas faire des gang bangs" mais globalement ça s’est passé comme ça.

En résumé :  Je suis d’accord avec Les Vingtenaires, dans la vraie vie, plus personne ne fait des demandes en mariage genou à terre avec une bagouze. Par contre, pour nous, ça n’a jamais été un acte raisonné, une décision prise en conséquence d’une certaine durée de vie commune, d’un abattement fiscal, d’un projet d’achat immobilier, d’un projet de famille ou d’une étape dans notre vie de couple.

Non, on s’est vraiment mariés parce qu’on trouvait ça drôle (et aussi parce qu’on s’aime très fort).

Et puis, surtout, mais ça, c’est mon ressenti personnel, mon mari est la première personne que j’ai vraiment eut envie d’épouser, avec qui je me  sentais libre de faire ce choix là, je crois qu’en terme d’intime conviction on ne peut pas faire mieux.

Il faut : les quelques mariages auxquels j’ai pu assister, et et les sites de planification m’ont indiqué que la cérémonie se préparait un, deux, voire pour les fantasmes doctissimo trois ans à l’avance.

Pour se marier, il faut s’adresser à la mairie du lieu de résidence de l’un ou l’autre des époux, à condition d’y résider depuis au moins un mois. C’est la loi. En général les futurs époux ont une vie commune, le choix est donc vite fait. La tradition veut que le mariage se déroule dans la famille de la mariée.

Le mariage se déroule en général en trois temps : cérémonies civiles et/ou religieuses, suivies d’un vin d’honneur, suivies d’un banquet avec grandes tables, menu traiteur, et bal jusqu’au petit matin.

Les invités sont souvent hébergés sur place.

Il est d’usage que les parents participent financièrement aux frais du mariage.

On a fait comme ça : Nous avons préféré nous marier le plus vite possible, avec un délai raisonnable quand même, c’est à dire, 5 mois après la demande, le 8 septembre 2012.

Nous avons aussi décidé de financer nous même les festivités, et de laisser une corbeille à disposition des invités pendant la journée.

Nous ne vivons pas ensemble, lui à Paris, moi à  Strasbourg, une ville au demeurant adorable, mais que l’essentiel de la population s’accorde à trouver "au bout du monde".

En faisant peser le ratio centralisme / disponibilité des amis et de la famille / temps de trajet, Paris, c’était plus pratique.

Par contre, nous n’avions pas les moyens ni la place d’héberger ceux qui venaient de loin. La plupart des invités ont donc fait l’aller/retour dans la journée.

5 mois, c’est largement suffisant pour déposer les dossiers dans les mairies respectives, prévenir les proches, envoyer les invitations, acheter des tenues dans le prêt à porter, commander à boire.

C’est par contre un peu juste pour réserver une salle en région parisienne, engager un DJ, un traiteur, choisir la décoration, commander une robe de mariée traditionnelle, faire des photos de mariage professionnelles et que les proches aient le temps de digérer le fait qu’on décide de se marier 6 mois après avoir consommé une rupture, avec quelqu’un de totalement inconnu jusqu’alors.

En pratique :  On est partis sur l’idée "pique-nique communautaire" : nous avons demandé aux invités d’amener quelque chose à grignoter et à partager avec les autres convives, tandis que nous nous engagions à fournir le champagne.

J’ai parié qu’en choisissant le week end précédant mon anniversaire, il ferait beau. Il n’a jamais plu aux alentours de mon anniversaire, c’est un fait avéré depuis 32 ans, j’avais la CONFIANCE. Et j’ai eus raison.

Paris ne manque pas de jardins public, et comme le mariage se déroulait à la mairie du XIIIe arrondissement, nous avons choisi le parc de Bercy, spacieux, plutôt agréable, et bien desservi par les transports en commun.

Nous avons acheté une trentaine de flûtes a champagne chez Tati, et emprunté le reste à des amis. Trois grandes nappes en papier ont été disposées sur l’herbe pour accueillir la nourriture apportée par les convives. Nous avons utilisé un sac isotherme rempli de bouteilles congelées pour garder le champagne au frais. Pas de bière ni de vin blanc à cause de la chaleur, et les amateurs de soft pouvaient aller se désaltérer aux fontaines publiques du parc. Les invités ont mangé avec les doigts.

Pour terminer la journée, nous avons eu la chance d’obtenir un coin de salle et un buffet de charcuteries et de crudités dans un bar-boite épatant http://www.auxpetitsjoueurs.com .  Mes témoins nous ont offert une pièce montée en chou à la crème que nous avons partagé avec les autres clients du bar. C’était un moment très joyeux !

C’est la location de la salle qui a représenté le gros de notre budget mariage,  qui se chiffre au total aux alentours de 2000€, tenues des mariés inclus.

En résumé : On a assumé jusqu’au bout le côté expéditif et do it yourself de ce mariage.

On a décidé qu’on ferait ça pour nous, de façon foncièrement égoïste, et que si les gens étaient choqués, ils n’étaient pas obligés de venir.

Au final, quasiment tout le monde est venu. Les absents étaient pour la plupart engagés ailleurs, mais nous savons aussi que nous avons toute la vie pour nous réjouir avec eux.

La formule pique-nique, en plus d’être économique, a permis à chacun de se mélanger de façon conviviale : pas de plan de table figé, tout le monde circule, s’assoie un moment dans un groupe et partage un verre, un morceau de fromage, un éclat de rire.

C’était particulièrement pratique pour briser la glace entre nos deux familles ne s’étaient jamais rencontrées, surtout pour moi qui ai vu mes beaux-parents pour la première fois le matin même devant la mairie.

A la fin du vin d’honneur-banquet de mariage, pas de salle à ranger et à rendre impeccable sinon tu t’assoies sur ta caution, il suffit juste de trier le consommable du périssable, d’envoyer les gros bras au conteneur à verres, et de ratisser l’espace pour ramasser tous les déchets. Merci aux copains compatissants qui nous ont aidé à ramener la nourriture à l’appartement.

Alors oui, avec le recul ça manqué de musique, mais primo, le lieu ne s’y prêtait pas, secundo, j’avais une entorse, tertio, je ne sais pas danser de toute façon, plutôt crever que de montrer ma balourdise à tout le monde.

Mais je crois pouvoir affirmer que personne ne s’est ennuyé, et que, dans le cas contraire, on s’est tranquillement allongé dans l’herbe, avec une veste en guise d’oreiller pour faire la sieste au soleil tout l’après-midi, et que ça n’a dérangé personne.

Alors, c’était bien ?

Ho oui, c’était exactement comme je l’avais imaginé.

Mon mari était beau comme un trafiquant de narcotiques, j’ai compté vingt borsalinos et 5 chapeaux vraiment foufous, c’est totalement dingue le nombre de sourires béats que je note en regardant les photos.

J’adore les pique-niques. Si j’avais eus une maison avec un jardin on aurait fait un mariage curry wurscht frites. Plutôt crever que de rester le cul vissé devant son assiette à sourire bêtement en attendant que le témoin fasse un discourt, ou qu’on te chante un couplet d’une chanson célèbre réécrite pour l’occasion en ton honneur.

J’ai passé une après-midi extraordinaire, j’ai revu avec émotion mes vieux copains des Internets depuis facile 2003, j’ai discuté avec mes tantes rousses, j’ai fait peur à mes petit-cousins, j’ai embêté mon papa, j’ai promené ma maman chez tout le monde en disant vous voyez la MILF blonde canon ? C’est ma mère hiiiiii. J’ai mesuré la chance incroyable d’avoir des amis pareils en guise de témoin, Henri et Marie, c’est la deuxième fois que vous me faites le cadeau de votre présence rien que pour moi, pour ma fête et pour ma journée, vous êtes juste merveilleux.

Je n’ai pas trop vu mon mari, jusqu’à ce qu’on se mette au lit vers 2h du matin, et qu’on se regarde les annulaires en rigolant bêtement.


2012 : 32 ans et la lumière dans ma tête

Je n’ai pas réussi à me mettre sur mon 31 l’année dernière.

Non pas que 2011 ait été une année creuse, mais alors que la date de publication anniversaire approchait, j’ai senti que j’avais perdu le contact avec tout ce qui me donnait envie de lancer des lignes de vie auparavant.

Il s’en est fallut de peu pour que je remballe définitivement mes filets. J’ai recommencé, timidement, à me parler ici.

Si je reviens aujourd’hui, jour de mes 32 ans, c’est parce que cette année a effacé la précédente.

J’ai longtemps hésité, j’ai fais beaucoup d’erreurs et causé beaucoup de peine, et puis on s’est choisit, j’ai un mari maintenant, depuis deux jours, et ça ne me fait pas bizarre, c’est juste que ça devait être ainsi, depuis longtemps, je crois.

Je déteste la niaisierie, la guimauve, et toutes ces conneries que se disent les amoureux le soir quand les lumières sont éteintes, lorsqu’on est ivre de sommeil et qu’on peut tout s’avouer, mais j’ai vraiment l’impression d’avoir enchaîné nécessairement les brouillons d’hommes pour parvenir à celui là. On va se faire une belle vie tous les deux, j’y crois, cette fois ci, oui, j’ose.

J’ai passé l’année à tester ma nouvelle direction. J’ai longtemps tergiversé, est ce qu’il ne me prenait pas pour une idiote, est ce que je pouvais lui faire confiance, est ce qu’on n’était pas un peu perchés dans la nouveauté d’une relation professionnelle naissante, mais non, ça colle bien, malgré les clashs, les projets avortés, mes excès de confiance en moi et mes doutes sur mes capacités, j’ai fais mes preuves. Je mesure la chance de passer 35h de ma vie par semaine dans un endroit où on me donne les moyens de réussir.

J’espère que les finances tiendront, qu’on ne va pas être obligés de tout bazarder à cause des subventions de plus en plus tenues, parce que cette boite fait du bon travail, du nécessaire, qui vaut la peine.

J’ai aussi noué d’autres engagements, citoyens, politiques. Il m’a fallut du temps pour regarder en face les plaies sociales, mais je m’y mets, à mon rythme, avec mes compétences. C’est d’en bas que viendra le changement.

J’ai enfin le sentiment de n’avoir pas été une amie exemplaire cette année. J’ai quand même semé quelques graines, mais j’ai le sentiment qu’il va me falloir les arroser avec attention, tendresse et écoute pour qu’elles portent leurs fruits, quoique leur présence avant hier a fait de beaux bourgeons, que j’ai apprécié de tout coeur, moi qui n’aime pas les fleurs.

Je suis patiente, maintenant. Tout viendra à point, tant que j’aurai de la lumière dans ma tête et toi dans mes bras.


Pourquoi je suis pirate.

Une petit caillou sur une totale absence de conscience politique.

Je suis née dans une famille relativement apolitique.

Mon grand père paternel a servi le Général de Gaulle au début des années 60 en tant que Garde Républicain. Au delà de l’admiration qu’il portait au personnage, et des anecdoctes mondaines que m’a rapportée ma grand mère à son sujet, je crois pouvoir dire qu’il se situait à droite sur l’échiquer politique.

Par conséquent, j’ai longtemps cru que mon père, par tradition, l’était aussi. Gendarme, il a poussé le devoir de réserve jusqu’à la table familiale, et la politique n’était pas un de ces sujets qu’on abordait facilement. Il a toujours soutenu "son" ministre de la Défense, quel que soit son bord politique, mais c’est ma mère qui m’a dévoilé récemment qu’il avait l’habitude de voter  socialiste. Quand à elle, après avoir docilement suivi le vote de son mari (avec quelques écarts écologistes pour les grands rendez vous électoraux), elle s’est d’avantage politisée après son second mariage, jusqu’à se passionner l’année dernière pour les Primaires Socialistes, et me téléphoner, folle de bonheur, le 6 mai au soir.

Nous, les enfants, n’avons jamais été très politisés, donc. Ni militants. Ni très interessés par tout ça.

Mon premier scrutin : les Européennes de 1999. Complètement paumée, je ne me souviens plus du bulletin que j’ai mis dans l’urne. J’étais simplement fière, je crois d’être légalement autorisée à le faire.

Au premier tour des élections présidentielles de 2002, mon petit ami de l’époque et moi même nous n’allons pas voter et nous passons la journée au bord d’un lac  à pique niquer avec un couple d’amis et leur chien.

Le soir en voyant les résultats il me pousse une conscience politique comme un troisième bras effrayant.

Je passe deux semaines à pseudo militer, je scande la chanson de Saez, 15% pour l’horreur, 15% pour la peur, je participe à des sittings, je vais à des débats, je discute de manière enflammée avec mes amis internautes.

Le grand mec aux pommes est réélu, on fait contre mauvaise fortune bon cœur, on a conscience d’avoir échappé au pire, mais on ne sait pas que le pire est à venir.

Bien que galvanisée par l’esprit de ces deux semaines, j’ai finalement renoncé à chercher à m’engager dans un quelconque parti politique, parce que je n’en trouvais pas un à ma mesure.

En 2007, j’assiste plutôt mitigée à la victoire de Nicolas Sarcozy. Je n’aime pas le bonhomme, je n’adhère pas à ses idées, mais je ne suis pas non plus convaincue par la candidate socialiste. J’ai voté Bayrou au premier tour, je ne m’en cache pas, je suis toujours aussi indécise. Mais quelque chose dans le système politique commence doucement à me déranger, quelque chose qui va peu à peu se transformer en révolte durant les 5 ans de mandat.

Pendant la campagne électorale de 2012, je comprends que, ce qui me dégoûte profondément, c’est cette façon de faire de la politique. Je suis chaque jour d’avantage navrée par les propos proférés par l’ensemble des politiques.

Je suis par contre très intéressée par les débats autour du "vote utile". J’ai envie de soutenir au premier tour un "petit parti", le NPA. Malgré son manque de charisme médiatique, Philippe Poutoux répond à la plupart de mes questions, d’avantage que Mélenchon, la superstar du web.

De toute façon, depuis le début de l’année 2011, la politique et la vie régionale m’intéressent d’avantage. J’ai eus la chance d’être tirée au sort pour faire partie du Conseil de mon quartier. Je suis motivée par la démocratie locale. Il me semble que, quand les citoyens ont l’opportunité de s’exprimer, ça fonctionne bien, même si on est forcément limités au CQ sur des affaires très locales.

Moi, en tant que cycliste c’est l’aménagement du territoire et les transports qui me passionnent, et j’essaie de mettre mon grain de sel dans les discussions aussi souvent que possible.

C’est la première fois que j’ai l’impression d’être compétente dans un domaine qui touche à la citoyenneté. C’est extrêmement gratifiant, et ça me donne envie d’aller plus loin.

Au mois de mars 2012, je découvre, via un tweet, les apéros du Parti Pirate. Ça me rappelle les cafés débats auxquels j’ai participé en 2002, et les Word Cafés sur l’écosolidarité territoriale  que j’ai pu co-organiser dans le cadre de mon travail. J’aime bien cette forme de discussion conviviale, et je sors de mon premier apéro pirate séduite par l’ambiance, les gens, et surtout, les idées.

J’adhère à la section locale, après tout, ça ne mange pas de pain.

Début avril, j’accepte de me lancer dans l’aventure des législatives, un peu sur un coup de tête, en tant que suppléante pour la 1ère circonscription du Bas Rhin.

Depuis un mois, entre apéros, mailing lists, avis sur les pads collaboratifs, vote via la plateforme de démocratie liquide, je sens que j’ai pris la bonne décision.

Adhérer au Parti Pirate m’a donné l’occasion de mettre en avant des idées, des valeurs, que je n’arrivais pas à exprimer dans d’autres formations politiques. En tant que suppléante, j’ai envie de m’engager pour une autre démocratie, plus participative et pour un développement durable citoyen.

Les thèmes qui me tiennent à coeur ?

  • L’instauration d’une allocation universelle qui permettrait à chacun de s’engager dans des projets personnels ou communautaires.
  • La consommation responsable, afin que chacun, quel que soit son niveau de vie, puisse bénéficier de produits, bien et services issus d’entreprises locales, qui favorisent la réinsertion professionnelle et le respect de l’environnement.
  • Le partage légal des oeuvres numériques, afin que chacun puisse s’échanger des fichiers numériques en toute liberté, comme on s’échange des livres (via le Bookcrossing par exemple) , des DVD ou des CD.
  • Le développement des modes de transport urbains doux. Cycliste militante, j’ai la chance de bénéficier à Strasbourg de conditions de transports exceptionnelles pour me déplacer en vélo. Cependant, je regrette le manque d’implication de nos politiques actuels pour valoriser la place du vélo en ville, et inciter les citoyens à privilégier la bicyclette. Je milite notamment en faveur de l’indemnité vélo pour les salariés, qui est déjà mise en place dans des pays de l’Union Européenne comme la Belgique.

Je ne sais pas si ce texte vous aura donné envie de voter Pirates les 10 et 17 juin, j’avais juste envie d’expliquer les raisons de mon engagement, mais vous pouvez vous informer ci dessous.


Wedding bingo

Florilège des réactions.

  • Mais vous allez faire comment ?
  • Déjà ?
  • Mais… Je ne comprends pas.
  • Ce n’est pas conventionnel.
  • Tu y as réfléchis ? Longtemps ?
  • Non, mais c’est bien. Mais si j’avais une chaise ce serait mieux.
  • C’est un engagement, faut pas le prendre à la légère.
  • Hiiiii
  • Tu te fous de moi ?
  • C’est quoi cette histoire encore ?
  • C’est une blague ?
  • Je ne te crois pas.
  • HEIN ?!
  • Regarde moi dans les yeux et répète moi ça calmement.
  • Mais c’est pas un peu précipité ?
  • Avec qui ?
  • T’es enceinte ?!
  • T’es sérieuse ?!
  • WHAT THE FUCK !!!
  • Mais je croyais que tu étais contre ?!
  • Mais je croyais que tu étais poly ?!
  • Mais pourquoi ?!
  • On le connait ?
  • Tu plaisantes ?!
  • Tu déconnes ?!
  • C’est vrai ?!
  • T’es sûre ?
  • Et c’est maintenant que tu le dis ?
  • Tu vas déménager ?
  • Il va déménager ?
  • Mais il sort d’où ?
  • Mais ça date de quand, cette histoire ?!
  • C’est quelqu’un qui m’a dit, c’est vrai ?!
  • T’aurais quand même pu le dire autrement.
  • Nan, je te crois pas, pas toi.
  • Tu fais vraiment rien comme les autres filles, toi.
  • Tu ne respectes rien.
  • Arrête tes conneries.
Edit : j’ai ôté ma phrase de commentaire qui virait à l’aigre. Avec le recul, ces remarques sont si drôles et si représentatives de nous que nous allons les mettre sur les faire part.
Merci à tous \o/

Des cailloux et des humains #4

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Rendez vous vendredi prochain ?

Déposé en mars 2012 par CalamitySophie

Il y a 15 ans j’avais 36 ans et je ne savais pas que je démarrais les 7 plus belles années de ma vie.
Je venais d’être recrutée par John Galliano himself, pour créer son service de production.
J’ai moi même eu la chance de recruter des jeunes pour qui c’était la première ou seconde expérience professionnelle, et qui depuis, ont fait un beau parcours. J’ai eu des stagiaires qui aujourd’hui ont lancé leur propre marque, un anglais Nicholas King qui fait des bijoux, et Jérôme Dreyfuss qu’il n’est plus besoin de présenter, mais aussi Aider Ackerman.

À la même époque je rencontrais l’homme qui s’avérera être le seul homme que j’ai aimé.
Tendresse, complicité, amour, et sexuellement, le nirvana.
Après avoir quitté Galliano en 2001, j’ai décidé de ma lancer dans une carrière de consultante en management et coach, avec mon Roi de cœur. Cette expérience, a duré 3 ans, et s’est terminée par une rupture sentimentale et professionnelle, qui fut très difficile à gérer.

J’ai eu l’impression que je vivais la même courbe que celle d’un produit, vous savez cette courbe qui monte, qui monte pour enfin atteindre son sommet et ensuite qui dégringole jusqu’à la disparition du dit produit, pour un autre.

J’avais atteint mon pic de bonheur, maintenant tout se cassait la gueule. Plus de boulot, plus d’amour, et surtout, le plus terrible, la mort de mon beau-frère, 43 ans emporté en 3 mois par un cancer foudroyant, laissant derrière lui, ma sœur et ses 3 filles, 13 ans, 11 ans et 5 ans.

Aujourd’hui, j’ai 51 ans, je suis au chômage, ma tête est remplie de beaux souvenirs et je sais aussi que la vie tient à très peu de chose qu’il faut en profiter, mais je n’y arrive pas toujours.

Calamitysophie.

Ps j’ai aussi un blog calamitysophie1.blogspot.com


Félicitations

Depuis que la nouvelle direction a prit ses pénates à ma COGIP il y a trois ans, mes collègues et moi même découvrons les entretiens annuels.

J’ai été absente pour formation pendant toute une année universitaire, ce n’est donc que le second entretien annuel de toute ma vie professionnelle (j’ai commencé à travailler à 21 ans, et j’ai dix ans de boutique).

Pour tout vous dire, ça me fait penser aux réunions parents-profs.

C’est toujours ma mère qui m’y accompagnait, parce que mon père travaillait trop dur, trop tard, j’imagine qu’elle lui faisait après coup un résumé concis de la longue soirée passée à faire les queues devant les salles de classe pour consulter les grands oracles pédagogiques.

On se consultait prélablement : à qui rendre visite ? Tu le sens comment ?

On a finit par éviter d’un commun accord les profs de sciences. Aucune d’entre nous n’avait envie d’entendre que j’étais irrécupérable, et probablement gravement handicapée, ma mère supportait difficilement qu’on m’humilie publiquement, et moi, franchement, leur avis sur mes résultats calamiteux me passait complètement au dessus. A quoi bon ?

Venaient ensuite les profs de langues. Mes mauvaises notes nécessitaient un passage rapide mais ferme. L’allemand me restait hermétiquement clos, malgré ma compréhension orale acquise en écoutant mes grands parents s’échanger les ragots du village en alsacien, aucun enseignant n’a réussi, en sept ans, à me faire sortir une phrase correcte, si bien qu’aujourd’hui je peine à commander ma curry wurscht à Kehl. Au moins me reconnaissait on le mérite de ne pas perturber la classe, et d’être cordialement dans la lune. L’anglais était à peine meilleur, mais le professeur me regardait avec l’espoir qu’un jour, je puisse lire Carson Mc Cullers dans le texte, ce que je n’ai pas manqué de faire et d’apprécier lorsqu’en terminale, j’ai compris que c’était ça, ou rater mon bac.

En histoire on vantait ma mémoire. En géographie on déplorait mon manque de rigueur et ma parfaite indifférence des notions économiques. En conclusion, on me conseillait de mieux écouter en classe, et j’obtiendrais une moyenne honorable.

On zappait la philo, convaincues toutes les deux que nous n’avions pas les capacités cognitives pour embrasser les vapeurs de la connaissance de soi.

On se gardait le français pour la bonne bouche, pour partir heureuses et peut être qu’au retour, je prendrais le volant et on mettrait Marie Laforêt en roulant les fenètres ouvertes. Oui, c’étaient les vendanges de l’amour, nous les faisions ensemble, nous récoltions les petits lauriers, les précieux, les "si je n’avais que des élèves comme celle là" les "elle ne le sait pas encore, mais elle a un vrai truc." "Elle n’a pas besoin de faire d’effort, tout coule de source;"  "Elle est vive, futée, intelligente, je suis scotché devant ses analyses" ; "si on devait lui reprocher une seule chose, c’est de montrer un peu trop aux autres qu’elle en sait d’avantage." et plus étonnant "Ne l’envoyez jamais en prépa lettres, il faut que ça reste un plaisir, pas un métier."

Et pourtant, à chaque fin de trimestre, aucun mot de tout ça sur mon bulletin. J’ai finis par être convaincue que je ne méritais pas l’approbation.

C’est toujours cette drôle d’angoisse sous marine qui m’étreint, lorsque mon patron m’affirme que j’ai fais du très bon travail cette année, que tous mes objectifs sont validés, que j’ai progressé ici, que je m’améliore visiblement là, et que, finalement, si j’y mettais un peu plus de bonne volonté parfois, un peu moins d’agressivité aussi, et un peu plus de conviction, l’année prochaine, tous mes "satisfaisant" seront des "points forts."

D’impressionnée je suis, peut être, éventuellement, impressionnante.

Et pourtant, j’attends toujours, cachée derrière cette gamine timide, une bonne raison d’obtenir des félicitations.


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